Développement personnel & transformation

Le vivant est en nous sans nous

8 octobre 2026

Illustration automnale avec une silhouette féminine en contours et le titre « Le vivant est en nous sans nous »

L’automne est une saison mystérieuse pour moi, par ses couleurs chatoyantes, ses lumières chaudes et la nature dépaysante qui se dénude lentement, telle une femme pudique. Cette image automnale me fait penser à l’arcane XVI du Tarot de Marseille, dénommée La Maison Dieu. Cette carte m’interpelle particulièrement dans son double aspect d’effondrement d’un existant et de perspective d’une autre renaissance. Car ce qui tombe à terre n’est pas sans vie. Cette matière se transforme, parfois jusqu’à disparaître à nos yeux, puis, un jour printanier, quelque chose repart de ce terreau fraîchement constitué.

À l’automne, la nature se dépouille, la décomposition est à l’œuvre ; peut-être pourrions-nous dire, plus justement, que la déconstruction est à l’œuvre. Les feuilles tombent et se décomposent dans le sol qu’elles enrichissent. Puis elles sont mises au repos forcé par la saison suivante et, enfin, l’apparition plus prégnante de la lumière du soleil réveille la vie en elles et donne naissance à nouveau. C’est le cycle des saisons.

« Après la pluie vient le beau temps », dit l’adage. Je ne sais pas si c’est vrai. Ce que je crois savoir, c’est que rien ne se perd, rien ne disparaît, mais plutôt que tout se transforme.

Dans l’accompagnement, les mots prise de conscience, choix, passage à l’action, changement sont presque galvaudés ou utilisés à outrance. Aujourd’hui, en tant que coach, une question me vient : et si cette transformation échappait en partie à notre volonté consciente ?

Le corps cicatrise sans que nous lui expliquions comment cicatriser. Nous respirons la plupart du temps sans décider de respirer. Notre organisme régule une multitude de fonctions sans notre intervention consciente. Et, à l’automne, le vivant se transforme sans projet conscient. Il se passe quelque chose sans que nous ayons à le conduire. Tout n’a peut-être pas à être travaillé, compris, conscientisé et piloté.

Quel rapprochement avec l’épreuve d’un burn-out ?

La conscience n’est peut-être pas l’essentiel, je crois. Face à cette part qui nous échappe, la confiance dans la vie peut aussi trouver sa place. Dans ce processus vital, notre volonté n’est pas toujours convoquée.

Tout ce qui « tombe », pendant un burn-out ou après, n’est peut-être pas à reconstruire à l’identique. Certaines choses peuvent nourrir autre chose. Une identité professionnelle. Une manière de se rendre indispensable. Des exigences envers soi. Une certaine idée de la réussite. Une façon de tenir coûte que coûte. Et certaines parties, au contraire, demeurent.

Et ce processus se déroule quelquefois sans notre accord. On est d’accord ?

L’automne nous ramène à nous

Cette période si particulière nous ramène doucement, parfois sans même que nous nous en apercevions, à l’intérieur de nous.

Est-ce pour ces raisons que notre corps ressent ces prémices de ralentissement ou que notre moral nous joue parfois des notes mélancoliques ? Je crois que tout est multifactoriel et que rien ne peut s’expliquer par des généralités.

Et si notre corps percevait, avant même que nous en ayons conscience, ce changement de rythme ? Les jours raccourcissent, la lumière se fait différente, le froid s’installe peu à peu. Peut-être nous invite-t-il, lui aussi, à ralentir. À écouter ses mots, mais aussi ses silences, ces signes plus discrets que nous ne savons pas toujours entendre.

Accepter cette vie en nous, n’est-ce pas une évidence qui mérite d’être énoncée clairement ? La vie est un mouvement, une respiration, un souffle.

Alors je profite de cette saison pour nourrir mon corps de cet humus des forêts qui embaume mon cerveau d’odeurs bienfaisantes. Je ralentis. Je me mets en pause plus souvent pour scanner ce trop, ce peu, ce pas assez, mais nonchalamment, sans précipitation, comme si je savais que le temps de l’éclosion n’est pas venu.

D’ailleurs, je ne sais pas ce qui doit ou va éclore. Je n’en ai aucune idée et c’est bien ainsi.

La nature ne progresse pas en ligne droite. Elle fonctionne par cycles.

Alors, si le vivant est en nous sans nous, jusqu’où devons-nous intervenir et à partir de quand pouvons-nous lui faire confiance ?