La peur d’aller mieux peut sembler paradoxale.
Et pourtant, lorsque l’on commence enfin à retrouver de l’énergie, de la stabilité, lorsque le corps devient moins douloureux, que les émotions nous submergent moins et que le mental s’apaise, un nouvel espace apparaît.
Un espace parfois immense.
Presque un vide.
Et si, d’un coup de baguette magique, je n’avais plus de raison d’aller mal ?
Mon corps va mieux. Mes douleurs deviennent lointaines.
Mes émotions ne me freinent plus autant.
Tout autour de moi, et en moi, commence à se stabiliser, à retrouver progressivement un équilibre.
Alors pourquoi cette peur ?
Peut-être parce qu’il faut maintenant apprendre à habiter cet espace qui se libère.
La vacuité : lorsque le vide devient un espace
Ce vide, je préfère l’appeler vacuité.
Non pas un néant inquiétant, mais un espace qui se libère lorsque ce qui nous encombrait commence à s’éloigner.
Au début, cet espace peut déstabiliser. Nous avions presque appris à vivre avec la fatigue, les peurs, les obligations, les habitudes et parfois même avec une certaine image de nous-même.
Lorsqu’elles s’effacent progressivement, une question apparaît :
Qu’est-ce que je vais mettre à la place ?
Et si, justement, il n’y avait rien à mettre immédiatement ?
La vacuité peut alors devenir une forme de plénitude : un espace disponible où quelque chose de nouveau peut émerger.
Une envie.
Un désir.
Une autre manière de vivre.
Ou simplement la liberté de ne pas encore savoir.
Peut-être est-ce aussi cela, aller mieux : ne plus avoir peur de l’espace qui se libère en soi et apprendre peu à peu à l’habiter.
Regardez le chemin parcouru
Regardons maintenant au-dessus de notre épaule.
Il y a quelques semaines à peine : que voyez-vous ?
Regardons plus loin encore, à cent mètres derrière nous. Que voyez-vous ?
Et encore…
Ce parcours, c’est vous qui l’avez vécu, emprunté, escaladé, franchi.
Ce corps douloureux, ce mental confus et ce cœur triste, c’était vous aussi.
Et vous êtes là.
Maintenant, revenons à l’instant présent.
Comment vous sentez-vous ?
Que ressentez-vous ?
Qu’avez-vous envie de faire ?
En Programmation Neuro-Linguistique, nous parlons notamment d’état présent et d’état désiré.
L’une des clés du changement consiste à comprendre où nous sommes aujourd’hui et à commencer à entrevoir l’endroit vers lequel nous souhaitons aller.
Cela demande d’observer nos pensées, nos comportements, nos émotions, mais aussi de retrouver progressivement notre pouvoir d’agir.
Qu’est-ce qui dépend de moi ?
Qu’est-ce qui ne dépend pas de moi ?
Sur quoi puis-je réellement agir aujourd’hui ?
Petit à petit, le chemin redevient le nôtre.
Nous apprenons à reconnaître les embûches, les dégagements, les difficultés passagères… mais aussi les moments de grâce.
Et si la peur n’avait pas besoin de disparaître ?
La peur nous accompagne parfois depuis si longtemps que nous voudrions nous en débarrasser définitivement.
Mais elle aussi a eu une fonction.
Elle nous a protégées.
Elle nous a parfois empêchées d’aller trop vite.
Elle a signalé un danger, réel ou imaginé.
Elle a essayé, à sa manière, de préserver quelque chose en nous.
Alors peut-être ne s’agit-il pas de combattre la peur.
Il s’agit plutôt de comprendre qu’elle n’a plus à décider à notre place.
Nous pouvons progressivement lui lâcher la main.
Et lui dire, à notre tour : stop.
Le chemin qui se dévoile alors peut devenir lumineux et engageant.
J’ai davantage d’énergie pour l’emprunter.
Je commence à reconnaître certaines de mes croyances limitantes.
Je comprends mieux mes peurs.
Et surtout, je découvre que je peux avancer malgré elles.
Puis vient parfois un moment particulier.
Celui où l’inconnu, autrefois effrayant, devient désirable.
Je ne sais pas encore exactement qui je serai demain, mais je commence à accepter de ne plus être tout à fait celle que j’étais hier.
Je m’affranchis progressivement de ce moi passé et je laisse apparaître cette femme, ce nouveau moi en devenir.
Lorsque l’action redevient possible
Les choses deviennent alors progressivement palpables.
Une décision.
Un petit changement.
Une limite que l’on ose poser.
Une envie que l’on écoute enfin.
Une action que l’on croyait impossible quelques semaines auparavant.
C’est réel. Et parce que cela devient réel, cela peut aussi devenir rassurant.
Cette sécurité retrouvée permet l’action.
L’action permet le mouvement.
Et le mouvement ouvre la voie au changement.
Lorsqu’un élément change, quelque chose bouge aussi autour de nous : nos relations, nos habitudes, notre environnement, notre manière de nous positionner.
C’est un peu notre effet papillon.
Notre équilibre se réorganise.
Ce nouvel édifice ne se construit pas en un jour. Et il ne s’agit peut-être pas non plus de tout déconstruire.
Il s’agit de regarder ce que nous souhaitons conserver, ce que nous voulons transformer et ce que nous sommes enfin prêtes à laisser derrière nous.
La peur pourra revenir.
Parce que nos peurs, nos besoins et nos envies coexistent.
Ces mécanismes ont aussi leur bienveillance : ils cherchent souvent à nous protéger au regard de ce que nous vivons et de ce que nous sommes prêtes à traverser.
L’équilibre ne consiste donc peut-être pas à ne plus avoir peur.
Il consiste à ne plus attendre que la peur disparaisse pour commencer à vivre ce que nous désirons.
Ce chemin vers son intériorité est une œuvre profondément personnelle.
Avoir l’ambition de l’emprunter est déjà un mouvement.
Soyez libre d’être vous.
Peut-être est-ce là que commence véritablement l’après.
Les Éclairages de Nadine
Quand vous ne pouvez plus porter le monde, apprenez à vous porter vous-même.
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