Ne rien faire, c’est faire rien. Donc c’est un vrai travail.
La rêverie ouvre le champ des possibles.
Face à soi-même, nos ombres, nos blocages s’illuminent et se révèlent à nous. C’est extrêmement courageux de regarder le miroir que notre intérieur nous renvoie. Et là, avons-nous le courage de regarder honnêtement ces reflets, sans fioritures ni évitement ?
Se poser serait donc si bénéfique à notre bien-être ?
En phonétique, ce verbe me fait penser à faire une pause, une récréation, un interlude, un entre-deux.
Le verbe faire, même dans le titre du livre de Catherine Laroze, L’Art de ne rien faire, ne peut lui-même s’exclure de sa définition : accomplir, créer, fabriquer ou donner naissance à une action ou à un objet.
Et dans son sous-titre, La reconquête de soi-même, l’autrice souligne à mon sens ce travail, cette tâche ou cette œuvre personnelle.
Dans ces moments de repos, les voyages furtifs de notre imaginaire nous amènent sur l’intimité du chemin, de notre voie. Et, au fil du temps, nous pouvons ressentir naître à nouveau en nous la flamme du désir, de l’envie et de la création.
C’est précisément pour cela que j’aime ces moments avec moi-même. Cette solitude que beaucoup redoutent ou fuient, moi je la recherche, je la crée, car elle est pour moi au cœur de ma créativité.
Et c’est souvent après ces moments d’intense proximité avec moi-même que je peux être pleinement disponible à l’autre, aux autres, mais aussi à mon environnement, aux animaux, aux plantes, à la nature, à la vie dans toutes ses dimensions.
C’est dans l’éclatante obscurité qu’on voit le mieux l’étincelle de notre flamme intérieure.
Alors oui, ralentir permet aussi tout cela.
Et si revenir à soi était aussi faire conversation avec soi ?
Dans les balades, les rêveries, l’important n’est pas le résultat du faire. Non. L’important est le cheminement intérieur, libre et créatif.
Vous savez, cela ressemble peut-être à cette expression : laisser s’exprimer son enfant intérieur.
Ces silences peuvent en dire long. Ils nous relient à l’essentiel, à la source. Cette source, pour moi, est notre intériorité, notre profondeur, notre âme.
Rechercher ce dialogue intérieur dans la méditation, la rêverie ou simplement une pause au monde permet peut-être de se connecter à soi, de faire ami-ami avec soi pour entendre ce que nous sommes vraiment, ce que nous voulons vraiment réaliser pour nous et pour les autres.
Prendre un temps précieux où tout s’arrête en apparence, mais où tout s’anime dans le subtil.
L’esprit s’évade, les sens s’aiguisent, le rythme du souffle ralentit. La nature permet aussi cela : lors d’une promenade bien sûr, mais tout simplement lorsque vous vous asseyez quelque part, dans une forêt, un parc ou même sur un banc dans un quartier urbain.
La terre, l’air, le vent, l’eau, le soleil, la voûte étoilée, les animaux, les oiseaux… tout devient sensations, émotions, perceptions.
Ces moments suspendus introduisent souvent le calme intérieur, une nouvelle respiration, une ambiance posée, voire le simple contentement d’être là.
Et lorsque le mouvement revient, parfois une idée, une pensée, une solution, un mot ou une phrase viennent avec lui.
Cet instant, comme une forme de lâcher-prise, est relié pour moi à ce que j’appelle la créativité personnelle.
Peut-être que je n’en ferai rien de plus…
Mais déjà, ces moments de retour à soi permettent à l’artiste, à l’artisan, au travailleur qui vit en chacun de nous de s’exprimer avec davantage de liberté, sans contrainte, sans peur, sans complexe.
C’est la liberté de l’art, quel qu’il soit : celui du jardinier qui cultive son jardin, celui du pâtissier qui imagine de nouveaux chocolats ou de nouveaux gâteaux, celui de chacun de nous lorsqu’il crée quelque chose qui n’existait pas encore tout à fait de cette manière.
L’art, le talent que chacun de nous possède peut naître et s’exprimer dans ces espaces.
Le recentrage par l’immobilité peut alors ouvrir à notre intériorité. Et parfois, une fois la vanne ouverte, arrivent des flots de pensées créatrices, des solutions à nos questionnements, mais aussi des moments de consolation, de tendresse et de retour à soi.
Quand les neurosciences rencontrent l’intuition
Albert Einstein disait :
« L’imagination est plus importante que la connaissance. La connaissance est limitée. L’imagination embrasse le monde. »
Il y a des années, lors de mon parcours en Programmation Neurolinguistique à Nantes, j’avais assisté à un colloque autour de la création artistique et de l’activité cérébrale pendant la création.
Une question m’intéresse toujours : que se passe-t-il dans notre cerveau lorsqu’une idée émerge ?
Les neurosciences contemporaines montrent que la créativité ne dépend pas d’une zone unique du cerveau. Elle mobilise au contraire l’interaction entre différents réseaux cérébraux.
Parmi eux, le réseau du mode par défaut participe notamment aux pensées spontanées, aux associations d’idées et à cette forme de vagabondage mental que nous connaissons lorsque notre esprit s’éloigne momentanément d’une tâche précise.
Le réseau de contrôle exécutif, lui, intervient davantage dans les processus qui permettent d’évaluer, d’organiser, de sélectionner ou d’écarter certaines idées.
Créer pourrait donc aussi naître de cette rencontre étonnante entre laisser émerger et savoir choisir. Entre liberté intérieure et discernement.
Et cela me ramène au vide.
La vacuité : quand le vide devient possible
Avec une grande liberté, je rapproche cette immensité intérieure au concept de vacuité dans la pensée taoïste.
Dans le Tao Te Ching, une image me parle particulièrement : on façonne l’argile pour créer un récipient, mais c’est l’espace vide qu’il contient qui lui permet de remplir sa fonction.
Voilà ce que j’aime dans cette pensée.
Le vide n’est pas nécessairement un manque à combler.
Il peut devenir un espace disponible.
Et c’est là que je fais mon propre rapprochement avec notre développement personnel. Lorsque nous cessons momentanément de vouloir remplir chaque espace, quelque chose peut devenir disponible en nous.
Une idée. Une envie. Une solution. Un désir. Une création.
Cet espace n’a pas à répondre à une mode ou à un conditionnement. Il peut devenir profondément singulier parce qu’il appartient à chacun de nous.
Un espace fertile à notre propre créativité.
Partageons notre créativité, elle est communicative
Le ralentissement est pour moi un temps souvent peuplé d’images presque cinématographiques et d’un dialogue intérieur intense.
Au fil des années, je crois avoir développé ainsi un sens de l’observation assez fin. Dans ces moments, mon attention me permet de me relier à mon environnement mais également aux personnes, et particulièrement à la personne que j’accompagne.
J’ai développé un talent qui m’est précieux : l’art de l’empathie.
Mon trésor à moi, comme j’ai l’habitude de le formuler.
Cette qualité ouvre la relation, la confiance et permet parfois le questionnement juste qui aidera l’autre à déclencher ses propres prises de conscience et à avancer progressivement vers un mieux-être.
C’est aussi cela, pour moi, l’accompagnement, le coaching et mon approche intégrative.
Ce que je sais a son importance. Mais mon savoir n’a pas vocation à devenir votre réponse.
Ce qui m’importe profondément, c’est ce que je peux vous aider à découvrir de vous-même.
Car ce que vous découvrez, ce que vous transformez, ce que vous créez à partir de cet espace intérieur devient alors un trésor unique.
Le vôtre.
Et si, à travers cet accompagnement, vous retrouvez un chemin vers davantage de mieux-être, alors mon travail prend tout son sens.
Les Éclairages de Nadine
« Quand vous ne pouvez plus porter le monde – Apprenez à vous porter vous-même ! »

