Ce que le silence m’apprend quotidiennement
Ma grand-mère me disait souvent :
« Le silence est d’or là où la parole est d’argent. »
Depuis petite, j’ai appris à comprendre cette phrase, ces mots assemblés.
Plus tard, en qualité de formatrice et dans mes autres métiers, j’en ai compris toute l’intensité.
Le silence comme outil d’accompagnement
Alors j’ai commencé à me taire face aux personnes que j’accompagnais.
Petit à petit, j’ai considéré l’écoute active et l’observation comme de véritables savoirs.
Puis l’apprentissage de la Programmation Neurolinguistique m’a aidée à distinguer une observation d’une interprétation.
Car le silence n’a d’intérêt, pour l’accompagnatrice, pour la passeuse que je suis, qu’avec l’observation et non l’interprétation.
C’est là que le présupposé de la P.N.L. « La carte n’est pas le territoire » a pris tout son sens pour moi.
Tardivement, j’ai alors compris mon illusion.
Fan de Carl Rogers et de son approche centrée sur la personne, je croyais fermement être transparente dans la relation d’aide. J’étais d’une neutralité bienveillante…
Je pensais observer.
Mais qu’est-ce que j’observais réellement ?
Au fil de toutes ces expérimentations, j’ai développé mes « écoutilles », ma capacité d’empathie.
J’en ai fait un talent, une compétence professionnelle.
Celle du passeur authentique.
Celle du transmetteur.
Celle de celui qui accompagne sans chercher à prendre la place de l’autre.
Alors le silence, dans tout ça, vous me direz ?
Eh bien, c’est aussi une illusion.
Un autre présupposé de la P.N.L. nous rappelle que « On ne peut pas ne pas communiquer. »
Donc, quand je me tais…
je travaille.
Du chapeau, me direz-vous !
Et bien oui.
Cela butine à l’intérieur.
Ma tête est telle une ruche en activité où chacun a son rôle.
Les liens se font et se défont au fil de l’écoute.
Puis vient la question.
Elle entraîne alors, telle une partition sur une autre note, un autre morceau à découvrir encore et encore.
Ce travail est infime et infini.
Se taire est bruyant à l’intérieur
C’est un travail intense de maillage et de filage progressif du questionnement à venir.
Les liens se font petit à petit, presque à tâtons.
Des liens entre le corps et l’esprit.
Entre le travail et le sens.
Entre les blessures et la créativité.
Entre la fatigue et la renaissance.
Mon cerveau devient alors une carte heuristique en création permanente.
Le silence, combiné à tous mes sens, construit cette compétence.
Cette amie intime qu’est l’empathie.
Le silence, un vieil ami personnel
Mais le silence est aussi un ami personnel.
Un vieil ami.
Il est là, toujours près de moi. Il m’accompagne.
Je ne suis jamais seule avec lui.
Tout d’abord, il m’a permis la rêverie, la connexion à la nature et aux éléments.
Aujourd’hui, je peux parler d’ancrage.
Mon ancrage à la terre nourricière et mon ouverture aux mondes.
Puis, dans des moments plus stressants, il m’a apporté cette introspection personnelle.
Des moments de repos avec soi où, paradoxalement, les énergies sont intenses, les flux, les souffles, les respirations fluctuantes.
Il me permet la reconnexion au corps, à la respiration, à moi.
Il apaise mon mental.
Il me régénère.
Je me le prescris tous les jours.
Parfois en intraveineuses, mais souvent en doses homéopathiques.
Il me fait du bien.
Il me ressource.
Il me permet de revenir à moi.
Quand le silence devient un espace de rencontre avec soi
Et peut-être est-ce pour cela que je peux aujourd’hui proposer le silence à celles que j’accompagne.
Parce que je sais qu’il n’est pas vide.
Il peut être un espace de rencontre avec soi.
Un espace où l’on ralentit.
Où l’on n’a plus besoin de répondre immédiatement.
Où l’on peut enfin entendre ce qui était devenu inaudible.
Le silence dans le burn-out et l’épuisement
Dans le burn-out et l’épuisement, le silence peut devenir une pause.
Il nous aide à écouter nos maux.
Il nous pousse parfois dans nos retranchements émotionnels.
Il est là, telle une présence bienveillante.
Alors, regardez-le.
Accueillez-le.
Parlez-lui.
Vous verrez peut-être qu’il vous répondra en écho.
Ses réponses seront peut-être timides.
Un peu murmurées dans votre for intérieur.
Puis elles deviendront plus audibles.
Plus réconfortantes.
Plus structurantes.
Et peu à peu, une conscience nouvelle pourra apparaître.
Plus claire.
Plus juste.
Peut-être alors commencerez-vous à entrevoir le chemin à emprunter pour aller mieux.
Et si, aujourd’hui, vous vous accordiez simplement quelques minutes de silence ?
Sans chercher à comprendre.
Sans chercher à résoudre.
Juste écouter.
Écouter ce qui, en vous, demande enfin à être entendu.
Les Éclairages de Nadine
Quand vous ne pouvez plus porter le monde, apprenez à vous porter vous-même !
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