Burn-out

Je sais que je dois dire non… je dis quand même oui…

Août 2026

Femme face à deux chemins symbolisant le choix de dire non, d’écouter ses besoins et de poser ses limites.

Pourquoi ?

Pendant des générations, les femmes ont grandi dans des sociétés où leur place, leurs rôles et ce que l’on attendait d’elles étaient largement déterminés à l’avance.

Françoise Giroud disait :

« La femme serait vraiment l’égale de l’homme le jour où, à un poste important, on désignerait une femme incompétente. »

Cette phrase volontairement provocatrice nous interroge encore aujourd’hui sur les attentes qui pèsent sur les femmes et sur la place qu’elles pensent devoir tenir.

Ces conditionnements traversent notre histoire collective mais aussi, parfois, nos histoires familiales.

Dans son livre Du côté des petites filles, Elena Gianini Belotti décrivait déjà les stéréotypes de genre et la manière dont les conditionnements sociaux peuvent participer, dès l’enfance, à la construction de nos comportements.

Comment un conditionnement collectif peut-il devenir une petite voix intérieure qui nous empêche de dire non ?

Savoir dire non peut relever d’un véritable dépassement de soi tant que nous ne prenons pas conscience de cet enracinement.

Car dire non touche parfois à notre identité, voire à notre intimité.

Cela questionne notre place dans la société, dans la famille, dans le couple, dans le travail. Mais cela touche aussi au désir de l’être profond.

Pourquoi disons-nous oui alors qu’au fond de nous, quelque chose voudrait dire non ?

Est-ce notre besoin d’appartenance, peut-être ?

Notre besoin d’amour ?

Notre peur d’être rejetée, parfois ? D’être abandonnée ? De décevoir ?

Et si, derrière certains de nos « oui », se cachait aussi la peur de ne plus correspondre à ce que l’on attend de nous ?

Le corps a peut-être dit non avant que la bouche ne dise oui

Que s’est-il passé entre ces deux temps ?

Je vous propose simplement de vous questionner.

Que dit votre corps lorsque vous voulez dire non ?

Est-ce que votre gorge se serre lorsque vous prononcez, à contre-corps : « Oui, bien sûr » ?

Votre ventre se contracte-t-il ?

Votre respiration se suspend-elle au moment de votre réponse ?

Et votre mental, finalement, est-il vraiment satisfait d’entendre ce OUI ?

Il arrive que notre corps ait déjà répondu avant même que nous ayons terminé notre phrase.

Alors quoi ?

Dire non serait nécessairement rejeter l’autre ?

Pourquoi un sentiment de culpabilité peut-il nous envahir immédiatement ?

Est-ce la peur d’avoir déçu ?

La crainte des reproches ?

La peur de provoquer une fâcherie ?

Et comment résister ensuite à l’envie de se justifier, de s’expliquer… voire de revenir sur son NON ?

C’est peut-être là que commence un autre apprentissage :

accepter que l’autre puisse être déçu sans que cela remette en cause notre valeur.

Dire non ne signifie pas ne plus aimer.

Dire non ne signifie pas rejeter.

Dire non ne signifie pas devenir indifférente aux besoins des autres.

Dire non peut simplement signifier :

je reconnais aussi mes propres besoins et je leur accorde une place.

Nos anciennes croyances ne disparaissent pas d’un coup.

Elles peuvent revenir frapper à la porte :

Sois gentille…
Fais un effort…
Ne déçois pas…
Tu pourrais quand même…

Mais progressivement, nous pouvons apprendre à les entendre sans leur obéir systématiquement.

Alors le non n’est plus dirigé contre l’autre. Il devient une limite posée pour soi.

Comprendre pour retrouver son pouvoir d’agir

Là encore, la Programmation Neuro-Linguistique peut nous apporter des éclairages.

Elle nous invite notamment à aller sur la piste de nos croyances, de nos représentations et de nos émotions.

Qu’est-ce que je crois qu’il va se passer si je dis non ?

Qu’est-ce que ce refus dit de moi, dans ma propre représentation ?

De quoi ai-je peur ?

Lorsque je commence à défricher tout cela, à reconnaître ces mécanismes et à comprendre ce qui se joue en moi, quelque chose devient possible : je peux choisir de faire autrement.

Je reconnais mes limites et je peux décider de les respecter.

L’image que j’ai de moi dépend alors progressivement moins du regard de l’autre.

Mon estime de moi peut rester intacte, même lorsque l’autre n’approuve pas mon choix.

Et après le burn-out ?

La reconstruction ne consiste pas seulement à retrouver de l’énergie.

Elle consiste aussi à reconnaître et à ne pas reproduire systématiquement certains mécanismes qui ont pu participer à notre épuisement.

Le burn-out a parfois été une plongée dans les profondeurs les plus sombres de nous-mêmes.

La remontée se fait progressivement.

Nos anciennes croyances, nos automatismes et nos peurs ne disparaissent pas comme par magie.

Mais nous pouvons apprendre à les reconnaître lorsqu’ils reviennent, à les questionner et, peu à peu, à ne plus les laisser décider systématiquement à notre place.

Dire non devient alors autre chose qu’un refus.

C’est reconnaître que mes besoins ont autant le droit d’exister que ceux des autres.

C’est accepter que poser une limite ne me rende ni moins aimante, ni moins généreuse, ni moins digne d’être aimée.

Et peut-être qu’au fond, la véritable question est celle-ci :

Et si dire NON à l’autre était parfois une façon de commencer à se dire OUI à soi-même ?

Les Éclairages de Nadine

Quand vous ne pouvez plus porter le monde, apprenez à vous porter vous-même !

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