Burn-out & transition de vie

Burn-out : et si derrière le trop se cachait aussi un manque de soi ?

28 août 2026

Burn-out : et si derrière le trop se cachait aussi un manque de soi ? – article de Nadine Boucher sur la perte d'envie et le retour à soi.

Est-ce que j’ai perdu mes désirs… ou est-ce que je ne les entends plus ?

Il y a ce moment où même les choses que l’on aimait ne donnent plus envie. Sortir, voir des gens, cuisiner, faire du sport, voyager, lire, travailler, avoir des projets…

« Je n’ai envie de rien. »

L’envie disparaît-elle vraiment ? Ou devient-elle inaccessible lorsque l’on est épuisée ?

Faut-il se forcer à retrouver cette envie qui nous anime ? Peut-être que ça va revenir tout seul ? Je ne pars pas à sa recherche. Non. D’ailleurs, est-ce que je la reconnaîtrais si même une toute petite envie apparaissait à nouveau dans mon quotidien ?

Suis-je seulement épuisée par le trop… ?

Trop de sollicitations. Trop de responsabilités. Trop d’objets. Trop d’attentes. Trop de rôles.

Et en même temps : pas assez de soi. Pas assez de désir personnel. Pas assez d’espace. Pas assez de sens. Pas assez d’envie.

Le trop et le manque.

L’envie reflète ma volonté, mon souhait d’accomplir, d’obtenir ou de vivre quelque chose. Elle me permet d’être en mouvement.

Et si c’était là une partie du sujet ?

Qu’est-ce qui anime quelqu’un, qu’est-ce qui lui donne envie ? Est-ce le manque ou le trop ? Est-ce le trop ou le manque ?

Courir après quoi ?

Dans notre société de consommation, la question de l’ÊTRE et de l’AVOIR mérite d’être posée. Nous pouvons accumuler des choses, des activités, des obligations, des signes de réussite. Mais est-ce que tout cela ne finit pas parfois par nous éloigner de ce qui nous anime véritablement ?

À force d’être trop sollicitée, trop mobilisée, trop attendue ailleurs, quelle place reste-t-il pour soi ?

Et si, derrière tout ce trop, il n’y avait finalement plus assez de place pour mes propres désirs ?

La personne en burn-out peut vivre ce profond déséquilibre. Trop de place occupée par ce qu’il faut faire, assurer, porter, gérer… et de moins en moins de place pour être, exister pleinement, se ressembler et ne plus vivre la vie d’une autre, mais sa vie à soi.

La lassitude et le manque d’envie peuvent accompagner l’état de burn-out sans en être, bien sûr, les seuls signes. Le burn-out est multifactoriel et peut s’installer insidieusement dans nos vies.

Et si retrouver l’envie était déjà un premier signe ?

Peut-être que quelque chose en nous recommence à vivre.

Tel un frémissement.

Quelque chose d’encore fragile, presque imperceptible, mais qui nous remet doucement en mouvement.

Notre propension à nous comparer peut nous ramener vers une forme d’insécurité, de doute ou de dévalorisation personnelle. Retrouver confiance en soi ne se décrète pas. Il faut parfois du temps pour retrouver le plaisir d’être simplement et authentiquement soi.

Lorsque j’accompagne une personne, ma conviction d’accompagnatrice m’amène à faire des propositions, à lancer des invitations.

Au détour d’un dialogue, parfois, quelque chose se passe.

Je retiens son attention. J’observe un léger mouvement dans le non-verbal. Un regard différent. Une expression. Une réaction.

Là, j’ai peut-être une piste.

Je peux reprendre mon questionnement, méta-commenter ce que je viens d’observer ou continuer dans cette brèche furtivement entrouverte.

Dans ce frémissement, quelque chose commence peut-être à se remettre en mouvement : une compréhension, une prise de conscience, un possible qui apparaît.

C’est une première pierre du travail en coaching.

Et cela peut commencer par un infime mouvement.

Un regard qui change.

Une curiosité.

Un sourire.

Une phrase qui fait réagir.

L’envie de ressortir.

De revoir quelqu’un.

De cuisiner quelque chose.

De reprendre une activité abandonnée.

Rien de spectaculaire.

Et pourtant…

Un frémissement.

Peut-être que retrouver l’envie ne signifie pas immédiatement retrouver de grands désirs, de nouveaux objectifs ou un projet de vie.

Peut-être commence-t-elle beaucoup plus discrètement.

Par une petite chose qui attire de nouveau notre attention. Quelque chose qui nous procure du plaisir. Qui nous donne envie de faire un pas, puis peut-être un autre.

Une petite graine de soi qui recommence à germer.

Et si cette envie, aussi infime soit-elle, était déjà une manière de retrouver doucement notre pouvoir d’agir ?

L’envie d’avoir envie.

Et, simplement, de se remettre en mouvement.

Les Éclairages de Nadine

« Quand vous ne pouvez plus porter le monde – Apprenez à vous porter vous-même ! »